DATA0.10 contests

2006 Gyeonggi-do Jeongok Prehistory Museum Competition, selected as one of the honorable mentions winner  / The photographs taken on the sites of the excavation, directly inspire the project : a structure covers the space left by the excavations. Objects found on the spot are left with the original altitude of their discovery, which produces the appearance of small islands with an unusual appearance!

AWARDS&EXHIBITION

The project consists of the transposition of this morphology on a similar scale of the actual building. It is achievable on the scale of the program as well as the scale of scenography. The boundaries of the constructible perimeter, which are assigned to us, as well as the vertical of the basaltic ledges delimit the surface necessary to the museum construction. Basalt appears while excavating, which amplifies the geological and archaeological interest of this site. A grid structure follows the exact geographical condition of the site. A roof then covers what becomes the volume of the museum. This artificial roof becomes the mould of the original site and retains the operational access to the plateau.

 

 

 

January 2006 : Southpoint from ruin to rejuvenation Competition - the Emerging New York Architects Competition Comitee have chosen my submission to be included in the Awards Exhibition at the Center for Architecture in New York City . The submission has been selected as the Innovation and Delight project The project rises directly from a specific attitude with respect to the ruin and directly from the idea of restoring it’s original value: rather than to rehabilitate the building, the ruin is totally hollowed out and its frontage turned over to constitute one of the interior walls of the new building… It thus results from a relatively compact and homogeneous building. The sensitivity released by the ruin, simply put in safety, is collected to enrich by its natural poetry a full peripheral circulation and spaces which are thus distributed. The building takes the form of a paralleliped hollowed out in its center by the ruin that expresses itself into negative to propose a park of sculpture in the strange shape of a patio. The roof, vegetalized and made accessible offers the aspect of a fifth frontage. The graphic aspect of the "I" which trace the perimeter of the ruin constitutes to some extent a new "landmark".

 

Southpoint from ruin to rejuvenation

 

Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 16:20

Mémoire de DPEA architecture et philosophie

ENSA Paris la Villette – Septembre 2010

 

cliquer droit-enregistrer la cible sous - 21Mo

TELECHARGER L'URBANISATION_DEVANT_LA_NATURE>>>

PLANCHES PDF (lisibles sur un écran 19 pouces)

 

 

Je livre mon mémoire quasiment dans son état original. Il sera bientôt modifié. Deux textes sont en préparation : le premier remplacera le chapitre « Des Atlantide de nos aires de pierre » dont le collage des auteurs est trop radical et le sens que je projette pas assez précisé ; quant à l’autre, il complètera à la fin, « La ville comme milieu et comme paysage », le glissement de l'homme séparé de la nature vers une vie vécue comme fiction (trois films seront évoqués notamment - Gerry de Gus Van Sant ; Into the wild déjà utilisé dans REMAKES ; The swimmer enfin).

l'urbanisation devant la nature

  Date : 27/09/2010 12:01

Pour : Chris Younes et Jacques Boulet – DPEA architecture & philosophie.

 

La thèse d’une solution de continuité historique du paysage glissant du naturel au construit à été très fortement critiquée, voire même rejetée – solution qui exprimerait pourtant bien l’actualité d’une sensibilité plastique envisagée simplement cohérente avec l’expérience des milieux les plus urbanisés, avec ce qui peut être maintenant considéré comme une immersion intégrale dans l’artifice, pris que nous sommes dans cet univers artificiel qu’est la ville, à plus forte raison quand la ville est devenue ce qu’elle est maintenant dans de nombreux et vastes endroits, ce qu’on en a fait à l’ère de l’urbain, la métropole – la ville-mère, engeance romaine. L’expérience du milieu urbain, surtout quand il devient un milieu intégral, là où il arrive à coloniser tout l’espace, ne peut que déterminer la conscience : par exemple, c’est un trait de la civilisation, il est indéniable que ce qu’hier on allait chercher dans la nature, conscient au minimum qu’il fallait la cultiver pour en obtenir certains fruits, on va aujourd’hui le chercher spontanément dans les circuits de distribution, la plupart du temps aveugles au fait que toute chose doive nécessairement provenir de la nature. Le phénomène n’est pas nouveau, il se radicalise. Il est suggéré qu’un certain artificialisme s’installe dans les mentalités : moins la tendance à croire que les phénomènes naturels sont l'œuvre de l'homme, comme c’est le cas à un stade du développement de l’enfant, que la croyance selon laquelle toute chose est désormais fabriquée artificiellement. Ce monde est dans l’enfance – l’enfance ? Mais c’est ici ; nous n’en sortons pas. Ces milieux très fortement urbanisés sont maintenant le cadre de vie d’une major partie de la population qui n’aura jamais rien connu d’autre, n’aura en outre pas pu, voire même pas voulu, côtoyer ce que l’on se sera jusque-là représenté être la nature : les visions bucoliques de coins de nature, animaux et plantes, ce domaine qu’on suggère épargné par la main de l’homme – l’idée d’une nature encore intacte est pourtant un leurre, il ne peut évidemment plus s’agir aujourd’hui que d’une fiction, bien plus sûrement que d’un mythe ; traditionnellement du regard porté sur une campagne envisagée à contre sens, par un effet de monde, comme un environnement naturel, et in Arcadia ego, forclusion faite du travail paysan, de l’action humaine sur le monde naturel et les métamorphoses qu’il a subi. Si, dans l’effet de monde propre à la culture qui est aujourd’hui devenue prédominante, c’est en tant que paysage que l’environnement nous apparaît, ou bien alors l’urbain accède au paysage, ou bien l’émotion paysagère est condamnée. L’urbain devenu horizon signe la mort synthétique de la ville et de la campagne. On semble accepter l’éloignement de ce que l’on se représentait être la nature au-delà de cet horizon. L’idée en revanche qu’il puisse s’opérer à terme une forclusion des représentations de la nature avec laquelle on n’a plus de relation vous paraît effroyable, pour vous la thèse est inacceptable - la nature demeure pourtant conforme à son propre vouloir, il ne s’agit pas, pour moi, d’attenter à la nature plus que mes contemporains. Il s’agit du fait de ne plus voir la nature, non pas de la faire disparaître. Cette idée passe pour une provocation, cette conception ferait de moi quelqu’un de doctrinal. Je me place avant tout sur le plan de l’esthétique du paysage : que notre regard se déplace à mesure que nos représentations s’alignent sur l’expérience objective d’un milieu toujours plus artificiel me paraît tout à fait pensable, sans pour autant qu’on puisse me taxer d’antinaturaliste doctrinal.

 

comme volonte comme representation

 

La vision est tragique. Le monde est tel qu’il est, je n’ai pas vraiment de prise individuelle sur lui, sinon qu’il est aussi ma représentation, il est avant tout la matière brute de ma réflexion, évidemment l’objet d’une contemplation, le réel qu’on saisit par le sens : il offre de nouvelles prises, il est riche de nouveaux potentiels que je peux accueillir. Cette réflexion n’est ni politique, ni sociologique, elle est à la rigueur anthropologique, elle est avant tout plastique, elle nous place sur ce terrain précis de la culture. Il me semble indéniable que le monde est toujours plus anthropisé, humanisé. Le milieu humain, toujours plus omniprésent dans son artificialité, porte en lui l’accomplissement de la notion de paysage comme relation à la fois phénoménale et physique à l’espace construit « en tant que tel » : l’autonomie acquise, en quelque sorte, de la matérialité du dispositif paysager par rapport à sa fonction métaphorique (glissement de la métaphore naturaliste vers la fiction non narrative). Je me défends pourtant d’une téléologie du paysage : il ne peut s’agir que de l’illusion d’une téléologie fondée sur l’apparence d’un progrès de l’urbanisation, le progrès de son apparence. Comme le progrès indéniable de l’urbanisation porte en lui l’illusion du progrès de la civilisation, il porte en lui également l’illusion de l’accomplissement d’un dessein, son paysage. La sensibilité paysagère demeure, bien qu’elle ne soit plus forcément connotée comme représentation de la nature, sinon des « objets-mondes » comme nouvelle nature, nouveau monde. Ce monde est là, présent dans sa métamorphose. Fut-il urbain, réfère-t-il radicalement à l’artifice et non plus au seul registre de la nature, ce monde, la saisie de sa forme matérielle, tend vers l’esprit ; il est le support matériel objectif d’une émotion déplacée, actualisée, de la sensibilité paysagère. Le saccage des anciens paysages ne signifie pas la mort du paysage. Rome, plus à l’Est, trouve son passage.

 

 

 Cordialement, Stéphane Lagré.

 

 

Lagre on appelle ca une nation 

Par LAGRE STEPHANE
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 12:54


MARIBOR 2012 DATABLOCK (20)

Concours international d’architecture / UGM – Centre d’art / Maribor / Slovénie / 2010 /

DATABLOCK / Mandataire commun : Stéphane Lagré (DATA0.10), & Pascal Riffaud, Benoit Fillon et Denis Brillet (BLOCK architectes)

Collaborateurs : Noémie Camus, Jean Chevalier, Nicolas Pineau

Concours UIA : MARIBOR 2012 / 02.2010

 

 

« La ville close du Moyen Âge est une forme urbaine intégrée, compacte, nettement délimitée qui se détache contrastivement sur un fond. Ce dernier a pour essence de n'être pas urbain ; c'est indistinctement la campagne ou la nature (Augustin Berque, Les raisons du paysage, p.134). »

 

UGM as a landmark

La ville close du moyen âge est compacte et se détache d’abord nettement sur un décor naturel, la campagne ou ici la montagne. Cette forme, en même temps qu’elle imprime la culture urbaine, c’est celle que Maribor a perdue en se modernisant, en s’étendant au-delà de ses frontières anciennes. Le projet de faire glisser la montagne par notre architecture dans la ville est une manière artificielle, paysagère, de renouer avec son aspect primitif. L’UGM devient un sol, une extension de l’espace public, qui inspirera et s’étendra à l’aménagement des berges de la Drava. Les différentes skylines des toits de la ville et des montagnes, retouchées par notre intervention architecturale, s’harmoniseront d’autant mieux qu’on les verra depuis la passerelle à construire : elle offre au paysage de la ville son meilleur point de vue quand on y descend pour passer la rivière. La forme de cet hybride de montagne et d’architecture a été générée par le déplacement d’un échantillon de la matière urbaine de la vieille ville, déformé par anamorphose sur le site. Cette opération réalise un compromis avantageux entre les échelles que proposent les contours de Maribor et des montagnes. Les fonctions habiteront cette forme trouvée, ce nouveau landmark.

 

In the popular imagery, the closed cities of the Middle-Ages are integrated, compact with clearly defined forms, remarkably surrounded by nature, countryside or, in this case, mountains. This imagery has been lost in Maribor following its modernization, extending beyond its original borders. The project is a drift. the mountain becomes an architecture, in an artificial manner, a landscape proposal. It renews with the primitive aspect of Maribor. Our project is a contemporary rewriting of the old urban model: based on scenery. It’s a contextual building which generates its own context. It’s a mix between the mountain scenery and the city skyline. It creates a physical and a cultural territory.The UGM becomes a land, an extension of the public space which will inspire and melt in the Drava’s embankment’s design. It will lead the city’s development at both, physical and cultural levels. The mountains’ skyline along with city roofs’ constructions, improved by our architectural intervention, will be harmonized better than one may see, from the footbridge to be built. It will offer the best point of view on the city landscape while coming down to cross the river. The shape, an hybridation of mountains and architecture, was generated by the displacement of a sample of the urban material, of the old city, deformed by anamorphosis on site. This operation carries out an advantageous scale compromise between the contours of Maribor and the mountains. In fact, all senses will revive in this refound form, this proposed new landmark. “Fonction follows form”, a form, taken as a “found object” is our landmark proposal. The idea is to build a link between the physical and the cultural and then to turn it into an inhabited place, in a primitive way, as punks taking over a place or as caveman did with their caverns.


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Par LAGRE STEPHANE
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 19:42
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Concours international d’architecture / MAC / Beyrouth / Liban / 2009 /

DATABLOCK / Mendataire commun : Stéphane Lagré, &
Pascal Riffaud, Benoit Fillon et Denis Brillet

Concours UIA : Maison des arts et de la culture de Beyrouth / 02.2009

Le projet consiste à habiter la forme d’un "objet trouvé", issue du contexte urbain, de cet ancien quartier de Beyrouth bordé par le "ring road". La forme du projet est donc une station service générique dont l’échelle est augmentée jusqu’à atteindre les limites que le prospect autorise. Ce geste nous permet d’inscrire notre projet sur un plan paysager. Le concept de paysage rassemble, ici, aussi bien le sens d’un rapport à un territoire physique (celui du centre ville de Beyrouth et plus particulièrement du quartier de Ghalghoul), qu’à un territoire culturel et esthétique (celui de la création contemporaine). Ainsi prélever un élément de territoire ordinaire, une station service, tout en augmentant son échelle de 600%, nous permet d’articuler le territoire banal et générique de l’autoroute à celui spectaculaire des skycrapers. De même Le détournement de l’objet trouvé fait parti de la création contemporaine autant au niveau des arts populaires que celui d’une culture plus savante. C’est pour nous le moyen de tisser des connivences avec les futurs usagers du MAC et de la ville en particulier, ainsi qu’avec le monde de la culture et de la création en général.

Par LAGRE STEPHANE
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Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 13:46
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Par LAGRE STEPHANE - Publié dans : data0.10
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Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 13:12

 

 

LAGRE STEPHANE – DATA0.10 – ARCHITECTE D.P.L.G

‘assistant’ professor at the National Superior School of Architecture in Nantes

48 BD de la Prairie Au Duc, 44200 NANTES, FRANCE 
tel : 06 80 13 83 10 –  email :
data0.10@free.fr   

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French architect, born in Nantes in May 1969 (Loire Atlantique, France) – studied in ‘l’Ecole d’Architecture de Nantes’ (National Superior School of Architecture in Nantes) and promoted as an architect DPLG (graduated by the government) with honor of the jury in June 1997 – registered in the national academy of  registered architectes  ‘Ordre des Architectes’ in March 1999.

 

1994 – participated in creating the project  “Blockhaus DY 10”:

In an old air-raid shelter of the Second World War ‘taken over’ in 1994, thoughts relating to its architecture, art in general and local music are developed. The underlining factor is laid on the experimenting action approached with sensitivity specific to the "space-experts"

Artists, architects and musicians carried out ‘happenings’, calculated and worked out technical installations and took part in various contests such as ‘scenographies’.

 

1998 – ‘DATA0.10’ project starts in 1998 – (resulting from the ‘Blockhaus DY10’ creation):

project set-up by myself and a ‘non formal’ group of enthusiastic creators. Today, Pascal RIFFAUD is one of the principal collaborators and created the label ‘BLOCK Agency’. Competed in various architectural contests of which "underwater base of Keroman" (one of the 22 submissions honored by the jury) in Lorient has international recognition.  

 

2000 – assembly of a professional structure under sign DATA0.10 in November 2000:

A close cooperation with work of Duncan Lewis (Scottish architect established in Angers, ) and the ‘BLOCK Agency’. This tripartide collaboration leads to the emergence of the group ‘SCAPE’. Participation has some exhibitions of French Association of Artistic Action and ARCHILAB 2001.

 

2002-2004 – architectural experience in Tokyo

In 2002, a grant from the ministry of Japanese culture (BUNKACHO) allowed me to stay in Tokyo, between February 2002 and May 2004.

I worked within the ‘MIKAN GUMI’ agency and the ‘S’ International Architects’ agency.

 

2005-2006 – participation in many international architectural competitions:

 

September 2005: Participation to the Europan_8 competition - “rue de Cambrai – Lille“ site’s.   undefined

January 2006: Southpoint from ruin to rejuvenation Competition - the Emerging New York Architects Competition Comitee have chosen my submission to be included in the Awards Exhibition at the Center for Architecture in New York City. The submission has been selected as the Innovation and Delight project

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March 2006: Gyeonggi-do Jeongok Prehistory Museum Competition – the submission has been selected as one of the honorable mentions winner among 346 submissions

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September 2006: National Library of the Czech Republic _ Praha   undefined

Juin 2007: Europan 9 _   Competition _ Praha   selected as one of the honorable mentions winner  

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RESUME

 

2008                        CREATION DU COLLECTIF DATABLOCK - Centre de Recherche et de Développement de Solutions Architecturales et Urbaines Prospectives (Fondateurs : Data0.10, BLOCK architectes)

2005/2008              EINSEIGNANT à l’ENSA de Nantes

2005/2007              Participation Individuelle à plusieurs concours internationaux

2003/2004              Architecte au sein de l’agence ‘S’International Architects’, Tôkyô, Japon

2002/2003              Architecte au sein de l’agence ‘MIKAN GUMI’, Tôkyô, Japon

2002                        LAUREAT DE LA ‘BUNKACHOO’, BOURSE DU MINISTERE JAPONAIS DE LA CULTURE

2000–2002             Création du groupe de recherche architecturale  « ‘SCAPE » / Présent à ARCHILAB 2001, Orléans

2000                       Création de la structure indépendante « Data0.10 »

1999–2000             Collaboration avec Duncan Lewis & Hervé Potin, architectes, Angers / Collaboration avec Gaëlle Peneau et Associés, architectes, Nantes / Animation du collectif  « Data0.10 in Blockhaus DY10 »

1997                       Architecte DPLG, ENSA, Nantes. À l’unanimité et avec les félicitations du jury. Inscrit à l’Ordre

1994                                       Création du laboratoire architectural  ‘Blockhaus DY10’, appropriation d’un abri anti-aérien, Nantes

1989-1997              DEFA 1989/93, DPLG 1993/97 à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes

 

1969                       Né à Nantes, Loire Atlantique, France - nationalité française.

 

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Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 12:45

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TELECHARGER PRESENTATION >>>

TELECHARGER CAHIER I&II>>>

TELECHARGER CAHIER III>>>

 

« A cette heure, une femme hindoue qui regarde Anna Karénine pleure peut-être en voyant exprimer, par une actrice suédoise et un metteur en scène américain, l’idée que le Russe Tolstoï se faisait de l’amour.»

                     

 André Malraux 

(Appel aux intellectuels, 1948 - repris en postface aux Conquérants)

 

 

 

« Le buzz du moment reste le soutien apporté par Oprah Winfrey à la candidature de Barack Obama, dont elle pourrait doper la campagne pour les primaires de Janvier. L’influence sur l’opinion américaine de la présentatrice, star incontestée de la télévision US, est considérable ; On lui doit, simplement après avoir évoqué le livre dans une de ses émissions, d’avoir fait d’Anna Karénine un best Seller.»

 

Marie Colmant

(La matinale de canal+, Mardi 11 Décembre 2007)

 

 

« Cela fait maintenant trois mois que je suis de nouveau installé à Nantes. J’écoute cette jolie japonaise en visioconférence sur Skype: Elle me parle de ce film Américain de 1935, téléchargé sur emule, qu’elle vient de visionner, en V.O. avec sous-titres en français, et dans lequel la divine Greta Garbo endosse le rôle de l’héroïne de Tolstoï. Le personnage d’Anna Karénine l’a à l’évidence bouleversée. Elle avoue avoir beaucoup pleuré. Comme toutes les asiatiques, Sawako est sentimentale. Derrière elle à l’image, la Web camera cadre un morceau de ce Tôkyô dont j’avais, ces deux dernières années, si souvent parcouru les rues, tenant tendrement cette jeune femme par la taille ; cette chambre de Meguro-ku dans laquelle nous nous sommes tant aimés et où je l’avais rejoint, succombant à ses charmes autant qu’aux  promesses de l’exotisme, laissant derrière moi la France. Depuis la fenêtre de ce coûteux petit appartement résumé à une chambre, seule configuration dont le loyer est encore abordable dans cette ville, on aperçoit ce château  de style Louis XIII de juste dix ans d’âge en brique et craie tuffeau, matériaux qu’on a fait venir pour l’occasion des régions de France les plus appropriées - même les ardoises viennent du Maine – dans un style que Mansart donnait aux Haras Nationaux du Pin ou plus précisément à  Maisons-Laffitte, dont je me rappelle qu’en son temps le château de Franconville avait été une réplique et dont j’apprends l’existence récente d’un clone dans la banlieue de Pékin, qu’un riche propriétaire et homme d’affaire a fait bâtir et baptiser, hybridant ainsi son nom, Zhang Laffitte. Ce château avait été planté là sur Ebisu Garden Place à l’initiative du Groupe Sapporo, une marque célèbre de bière nippone, pour qu’y soit goûtée l’excellence de la cuisine Française des illustres Taillevent&Robuchon. Le jour se lève et en moi l’évidence: Hier nous partagions nos émotions dans des  livres, nous partageons maintenant des  paysages »

 

Stéphane Lagré

(L’aveu au soleil qui se lève, Juillet 2004)

«Nous déplacerons bientôt des paysages urbains»

Stéphane Lagré, Promesse faite à l’éclypse de soleil , Juillet 2002


 

CULTURE ET DEPLACEMENT

 

CAHIER I – PROJET

Etude à distance, dépaysée à kyôto, de Rome

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J’ai découvert que Kyôto et Rome ne sont qu’une seule et même ville hantée par le spectre de Tôkyô, et que c’est seulement par ignorance qu’on les distingue. Dépayser l’étude d’une ville dans une autre dépaysante. Introduire l’idée d’évoluer dans une géographie urbaine objective l’esprit hanté par une géographie mentale construite - l’hybridation de la cartographie d’une ville avec celle d’une autre ville construit un spectre. De cette manière, à la fois provoquer de l’événement, produire expérimentalement des accidents, nourrir du projet et penser la dimension utopique de la ville. Voilà rapidement exposé le contenu de mon programme.

 

Les technologies de la communication sont devenues non seulement un moyen de connaissance mais aussi de rencontre – ce que sont les passions nouées à distance sur Internet le sera ici avec une ville d’Europe.

 

CAHIER II – SUITE

Appréhender Rome avec une carte de Tôkyô

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«Je est un autre» écrivait Rimbauld, «Je est plusieurs» pensait Deleuze ; mon projet noue le destin de deux villes, à la fois autres et plusieurs, sur lesquelles je projette des déplacements. Destin suspendu à un questionnement personnel : Existe-t-il une autre manière d’envisager le devenir de la ville historique? En reprenant une définition de la culture, penser le présent comme ce qui pourrait être autrement n’ouvre-t-il pas un potentiel de nouveauté pour le futur ?

Dans une perspective expérimentale, je propose d’appréhender Rome avec une carte de Tôkyô: l’acte de dé-payser culturellement la ville m’offrirait une méthode d’exploration de ce potentiel.

 

CAHIER III – REPETITION

Racines conceptuelles du déplacement généralisé

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COMMENT LA DECOUVERTE PEUT ELLE AUSSI CONTENIR UN PROJET ?

L’errance, la dérive, la cinéplastique

Le remake, l’adaptation, la reprise

 

On repère un exemple désormais célèbre, au cinéma, de dépaysement culturel comme moyen d’atteindre un résultat convaincant : entre déplacement géographique et provocation conceptuelle, comment un sample  du yojimbo d’Akira Kurosawa devient, détourné, Fistful of dollars de Sergio Leone, cette hybridation improbable des sensibilités européenne et japonaise à des accents d’Amérique. Plus que la légèreté d’un jeu, c’est une sorte de révélation,  le dévoilement d’une méthode : tracer une telle ligne synthétique entre les cultures, pour atteindre le cœur fantasmé d’une autre. Cette version spaghetti du mythe de l’ouest allait régénérer le genre du western jusqu’ici réservé aux seuls américains, gardiens jaloux de leur mythologie.

 

            Une ligne tangentielle passe entre deux cultures et fuit vers une troisième, idéale dans le brouillard du mythe. Il s’agit en fait d’une logique ternaire qui introduit, en plus du vrai et du faux, le possible, l’inconnu, le ni vrai ni faux.

 

Ils avancent dans le monde, fermement décidés à en modifier quelques détails

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« A cette heure, un Sud-africain qui regarde A fistful of dollars s’exalte peut-être en voyant exprimer, par un acteur américain et un metteur en scène romain, l’idée que le japonais Kurosawa - s’inspirant librement d’Arlequin valet de deux maîtres, une pièce écrite au XVIII° siècle de Carlo Goldoni, auteur italien de théâtre de langues italienne, vénitienne et française - se faisait du héros de sensibilité individualiste : un personnage errant s’avance au hasard dans le monde, fermement décidé à en changer quelques détails. Ce remake - une production originale italo-germano-espagnole réalisée en 1964 -, qui transpose les paysages du japon profond  - une petite ville située au nord de l'ancienne Tokyo à l’aube troublée de l’ère Meiji (1868/1912) dans le Yojimbo de 1961 - dans ceux de la frontière du Texas avec le Mexique à la charnière du XX° siècle (1872), a été tourné dans les paysages de l’Andalousie - la Sierra Nevada espagnole, la région d’Alméria - et quelques décors reconstitués dans les studios CineCittà de la banlieue de Rome. »

 

 

 

 
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 17:17

 

 

D T 0 1 0

Juin 2007 Europan 9 _  Czech Republic Competition _ Praha  

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DISPLACED GHOST CASTLE

PRAHA 6 Dejvice, Ceska Republika, Hradcanská

Linking People, History and Spaces 

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The concerned area will be a potential district centre and an important intersection of public transportation - subway, tram, buses and railway. It is also an important starting point for visitors heading towards the Praha’s Castle. Its form and orientation are very much similar to Prasky Hrad’s. It is obvious that these two areas have to maintain a relationship. From which comes from the idea that copying and pasting the global shape of the castle onto the concerned area would raise-up an urban project. A new 3D model of the Castle is designed consequently: it is distorted to fit perfectly the concerned area; the mesh is also optimized – Information losses by the decrease in the definition of the mesh lighten the concept of the castle original shape. Thus, the result follows a more recent and formal register, more appropriate for this era. Model modifications could also soften shapes in harmony with the ‘New building of the National Library of Czech Republic’ project (located far East of Praha), recently won by Future Systems. Nevertheless, that would mean drift to a different project but feasible with the volume suggested here. This proposal remains in a more radical expression the shift of urban commodities; but less radical than a straightforward sample, a dry copy of the castle.

 

The new events that occurred accidentally when converging the topographies of both sites prove prolific, creating locally interesting situations: the shape of the castle is downward in East, as for the site of the Ghost Castle is relatively flat. Consequently, the shifted shape is partially buried, which frees space capacity - connected with the Dejvická Business Street, which connects the area with Vitèzné nàmèsti (Victory Square).

 

The global shape taken from the castle remains identifiable, especially in block plan view – while referring to a silting up, it is quite appropriate since it points out the strong subterranean activity of the concerned area. Public transports will be accessible from this place and will intersect at this spot.

 

The treatment of this place will be rather mineral, as we find much in Praha. On the other hand, the western side will be overgrown with a plant cover. It will make the transition with the already grown space in between the concerned area and the castle, in the continuation of Letenské Sady Parc.

 

If the overall height of the roof level must not exceed the Engels development, a bend to this rule will be made at the most salient spot of the Ghost Castle, on the very spot of the ghost/part derived from the Saint-Guy Cathedral. Here is about catching the opportunity to write in an element of programme of great magnitude yet to define. It could prove to be particularly attractive to the area. From the museum to the concert hall, examples of public amenities of this scale abound!

 

The project skyline includes this urban event emerging at 50 metres, or more if we keep the ghost of the bell towers. The overall height of the roof reaches halfway this altitude. Thus, a tripartite report of this urban event, the Prasky Hrad profile and the project of the new library would contribute to establish the statute of potential district centre suggested by the new development plan of the concerned area.

 

Although, development of high-rise building is prohibited in the area, this breach in the settlement, in the described perspective, cannot be seen as a lack of respect to the historical context of the proximity of Praha’s Castle. But rather a plan designed to enhance its presence.

 

From the historic heart of Praha, which extends lower down of the high flat surface of Letna, The Ghost Castle profiles and the new national library disappear; landscaping impact on the skyline which draws the castle is null.

 

From the visit, the Praha’s Castle leaves you with a ‘spatial’ impression that the built is complex and split into lots of small units: a sequence of construction turned towards their own yards. This feature remains entirely even though the shape is shifted on the concerned area. One can see the opportunity to spare some space for high quality semiprivate developments close by, in the continuity of the urban planning proposals and around Victory Square.

From a partitioned urban space and a labyrinth, the proposed shape of the Ghost Castle must be seen as a guideline, a container to fulfil, of which the junction with the surrounding urban reality and programmes elements would precipitate towards a set of micro-projects. They would locally solve the following constraints:

1 - The area will be touched by the City Ring road by means of access ramps. One of them comes out underneath the built of the Ghost Castle, on its West extremity.

2 - In the area, historically protected objects exist which must be respected. In particular, the ancient railway station integrates the Ghost Castle volume. An other object should also integrate the Saint Guy’s Ghost Cathedral.

3 - A modification of the shape should be considered so that we could go across Southbound from Wuchterlova street or the tiny place facing the ancient railway station.

4 - The spacious place located on the West side of the site is scattered with small edifices which will be as much as noticeable volumes giving access to all sorts of underground transport networks.

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Le site d’intervention incarnera le potentiel d’une centralité urbaine ou se croiseront de multiples réseaux de transport - métro, tram, bus et ferroviaire. Ce sera également une base importante de départ pour les visiteurs intéressé par une visite du château de Prague. Le fait que le périmètre d’étude présente une forte similitude avec celui du Prazky Hrad, tant du point de vue de la forme que par celui de l’orientation, constitue une surdétermination de la relation que ces deux sites sont destinés à entretenir. De là provient l’idée qu’un copié/déplacé de la forme générale du château sur site peut contenir toute l’épaisseur d’un projet urbain. Un model informatique du château de Prague est retraité en conséquence : il est déformé pour s’implanter parfaitement sur le site, son maillage est également optimisé - la perte d’information occasionnée par cette diminution de la définition du maillage atténue le contenu signifiant de la forme originale du château. Le résultat obtenu obéi ainsi à un registre formel actuel plus approprié à l’époque. Un retraitement informatique pourrait également mollir ces formes en harmonie avec le projet du « new building of the National Library of Czech Republic » récemment remporté par Future Systems à l’extrémité Est du site ; mais il s’agirait là d’un autre projet potentiellement en germe dans celui qui est proposé maintenant. La proposition en reste à une expression plus radicale du déplacement de la matière urbaine ; moins radical cependant qu’un simple « sample », qu’une copie brut.

 

Les accidents issues de la compénétration de la topographie des deux sites s’avèrent productif, créant localement des situations intéressantes : la forme du château est en pente descendante d’Ouest en Est quand le site qui accueille le Ghost Castle est relativement plat. Il en résulte un enterrement de la forme déplacée qui dégage une vaste place connectée avec la rue d’affaires de Dejvickà, la reliant à la place de la victoire ( Vitèzné nàmèsti, Victory Square). La forme générale dérivée du château reste reconnaissable, surtout en plan masse, tout en évoquant un envasement, assez opportun puisqu’il signale d’une certaine manière la forte activité souterraine du site. Depuis cette place on accèdera en effet à l’ensemble des transports publics qui se croisent à cet endroit.

Le traitement de cette place, comme on le trouve beaucoup à Prague, sera plutôt minéral. A l’Ouest en revanche, le projet sera baigné dans un fort tapis végétal. Il ménagera une transition vers les espaces plantés intercalés entre le site et le château dans le prolongement du parc Letenské Sady.

Si La hauteur hors tout de l’extension urbaine ne doit pas excéder les gabarits des habitations du plan d’aménagement urbain Engels, une entorse à cette règle sera faite à l’endroit le plus saillant du Ghost Castle, à l’endroit même du fantôme dérivé de la cathédrale Saint-Guy. Il s’agit là de l’opportunité d’inscrire un élément de programme de grande ampleur encore à définir et qui pourrait s’avérer particulièrement attractif pour la zone. Du musée au concert hall, les exemples d’équipements publics de cette échelle ne manquent pas. Le skyline du projet comporte donc cet événement urbain émergeant à cinquante mètres, ou plus si l’on conserve le fantôme des clochers, quand la hauteur moyenne des toitures environnantes culmine à la moitié de cette hauteur. Un rapport trialectique entre cet événement urbain, le profil du Prazky Hrad et celui de la nouvelle bibliothèque en projet contribuerait ainsi à asseoir le statut de centralité urbaine instillé par le nouveau projet de développement urbain de la zone. Bien que les constructions de grande hauteur soient interdites sur le site, cette entorse au règlement, dans la perspective qui est décrite, ne peut constituer un manque de respect du contexte historique du à la proximité du château mais plutôt un dispositif tendant à en accroître sa présence sensible. Depuis le centre historique de Prague qui s’étend en contrebas du plateau de Letna, les profiles du Ghost Castle et de la nouvelle bibliothèque disparaissent, l’impacte paysager sur le fond du skyline que dessine le château est donc nul.

 

A le visiter, le château laisse l’impression spatiale d’un bâti complexe fortement compartimenté : un enchaînement de corps de bâtiments centrés chacun sur leur cours. Cette caractéristique demeure intacte alors que la forme est déplacée sur le site. On peut y voir l’occasion de ménager des espaces variés semi privés de grande qualité dans la continuité de ce que proposent les aménagements urbains autour de la place de la victoire.

 

Entre espace urbain cloisonné et labyrinthe, la forme que propose le Ghost Castle doit être comprise comme une forme directrice, un contenant à accomplir, dont le croisement avec la réalité urbaine alentour et des éléments de programmes précipiterait une série de microprojets résolvant localement ces dispositifs de contraintes :

-          Le site sera connecté au périphérique souterrain par des rampes d’accès. L’une d’entre-elles émerge sous le bâti du Ghost Castle à son extrémité Ouest.

-          Sur le site, des bâtiments historiques protégés doivent être préservés. L’ancienne Gare notamment s’intègre dans le volume du Ghost Castle. Un autre devra être intégré au fantôme de la cathédrale Saint Guy.

-          Une altération de la forme devra être envisagée de manière à ce qu’elle puisse être traversée du Nord au Sud depuis la rue Wuchterlova ou la petite place qui fait face à la vieille gare.

-          Les petits édicules qui parsèment la grande place ménagée dans la partie ouest du site seront autant de volumes clairs signifiant des accès aux différents réseaux souterrains de transport.

 

 

Stéphane Lagré

 

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Par LAGRE STEPHANE - Publié dans : data0.10
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 18:24

FORME INTERMEDIAIRE 

INSTALLATON DU GROUPE BLOCK ARCHITECTE

AU LIEU UNIQUE A NANTES 02/03/04 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

article de Stéphane Lagré Pour le Catalogue de l'exposition "FORME INTERMEDIAIRE" du Groupe BLOCK Architecte

BLOCK OU LA PENSEE SAUVAGE - vers l’architecture immédiate -

 

L’ouverture au public d’une exposition est un moment particulièrement instructif. On surprend des remarques qui se perdent dans des réflexes culturels acquis. Il faut toujours qu’un sens se cache derrière les choses au péril de nier leur sensualité propre. Un usage maniaque de l’analogie[1] et de l’image voile la perception immédiate du dispositif architectural proposé par BLOCK. Ce dernier se veut pourtant tout aussi évident qu’un édifice réduit à sa seule présence, à son aura[2]. Il s’agit de l’intuition d’une recherche qui se trouve ici une nouvelle fois déclinée à la frontière des arts plastiques.

A observer les visiteurs de l’installation, il plane comme une incompréhension qui découle peut-être de ce que sont bousculées les conventions propres au genre de l’exposition. Une manière d’errer dans cet espace en désespérant de trouver sur quoi focaliser est assez symptomatique d’une désorientation pas uniquement spatiale. Le manque de point pour tracer la ligne d’une déambulation convenue semble signifier le manque d’œuvre à contempler, campant en arrière plan le désir, ici contrarié, de s’y retrouver en miroir, de se reconnaître : Les hommes ne peuvent rien voir autour d’eux qui ne soit leur visage[3].

En sous-titrant « dispositif architectural » BLOCK instille l’idée qu’en l’occurrence il serait question d’architecture, dans un espace habituellement dévolu à l’art. Certains semblent regretter par là qu’on ramène l’architecture à la gratuité de l’art. BLOCK, à travers « Forme intermédiaire », revendique pourtant l’enracinement de son intervention dans la discipline architecturale. L’objet installé est vaste. On ne peut l’embrasser d’un regard. Il nous faut bouger pour le restituer mentalement. Ici, ce qui est en jeu c’est l’espace, et c’est ce qui fait de cette installation une œuvre d’architecture. L’errance du spectateur est conçue comme la composante capitale d’un dispositif non plus plastique[4] mais architectural. BLOCK ne continue pas les travaux de sculpteurs qui ont sacrifié « l’objet sculpture » à l’espace[5], envisageant ainsi une synthèse avec l’architecture. « Forme intermédiaire » n’est pas de l’ordre de la sculpture. Il s’agit bien, presque en sa seule qualité « d’espace organisé »[6], d’une architecture. L’installation se voit ainsi qualifiée de « dispositif architectural ». Cela n’implique pas qu’on lui conçoive une destination. Architecturer, c’est travailler l’espace. Cette installation est une formalisation supplémentaire de ce message dans sa simplicité radicale.    

Simple, la parole de BLOCK est sèche, précise, je la dirais cependant faussement aride. Sans atténuer  l’exigence obstinée de leur recherche, une certaine légèreté présidait à la conception de cette installation. La mise en œuvre d’un plafond relativement bas pour un espace aussi vaste que la cour du « Lieu Unique » fait autant écho au film « being John Malkovich» de Spike Jonze qu’à l’expérience spatiale qu’on peut faire d’un Blockhaus[7]. Dans l’idée d’une expérimentation de la présence phénoménale de certains  lieux, leur déplacement schématique dans l’enveloppe de la cour du « Lieu Unique » n’est pas opéré sans humour. Les membres de BLOCK voient, dans la manière de s’approprier une enveloppe, un peu de la stratégie du Coucou ou du Bernard l’Hermite[8]. Suggérant ainsi que l’idée d’architecture pourrait se suffire d’être l’appropriation d’une cavité préexistante. Le fait d’habiter une caverne marquerait en quelque sorte les débuts primitifs de l’histoire de l’architecture[9]. 

             Incidemment, la précision chirurgicale et sèche de leur expression abstraite et quelque peu minimale pourrait être perçue comme agressive (ces architectes ne seraient pas assez attentifs aux hommes pour ne s’attacher qu’aux choses). Il y aurait comme quelque chose de méchant dans l’œuvre de BLOCK, couvant dans la radicalité assumée de leur expression habituelle, une violence inscrite dans le dépouillement de tout bavardage. Mais ces architectes ne conçoivent pas l’humanisme comme le moteur d’une oeuvre qui ne se paye pas de bons sentiments. Le style est la moindre des concessions à faire au public ; il est surtout une attention portée à sa propre exigence. Pour eux ce qu’il y a de travaillé dans leur objet, la qualité de son exécution, est la marque d’une sobriété élégante. Le détail soigné et réfléchi sert en outre un propos qui ne peut souffrir la confusion : Les libertés délibérément prises avec la mise en œuvre normale d’un plafond suspendu standard visent en l’occurrence à détruire les préconçus qu’il véhicule, à briser la résistance formelle de cet objet stéréotypé, à ouvrir le potentiel d’une forme qui nous enferme d’emblée dans des à priori[10]. 

En cela BLOCK se montre particulièrement attentif au signe, à tout ce qu’une mise en œuvre particulière peut contenir d’un langage, dans la perspective toutefois d’en désactiver le sens réducteur, d’en taire le bruissement. La beauté du plafond suspendu détourné constitue alors une manière de « ready made » qu’on aurait coupé du jeu trop exclusif qu’il entretient avec la sphère du langage.  L’installation y gagne en visibilité, on peut en goûter la présence immédiate. Il y a dans cette installation l’idée d’émancipation du regard qui ouvre le spectateur à la sensualité de son environnement et suggère la curiosité renouvelée d’un lieu. On vient voir cet espace comme on vient contempler un paysage[11]. 

 Le désir personnel de s’exprimer n’implique pas le désir d’exprimer sa personne. La personnalité de BLOCK réside toute entière dans une sensibilité singulière aux lieux et cette manière relativement impersonnelle d’y intervenir. Ce qu’il y a d’une pensée sauvage sourd pourtant sous la froideur calculée de l’objet mis en œuvre dans cette installation. Elle suggère un regard poétique porté sur ce qui les entoure, moins savant que gouverné par cette sensibilité intuitive qui leur est propre. Toujours plus affinée par la connaissance, leur approche ne perd pas cette énergie première, leur parole n’est pas abandonnée au flot impersonnel des références.

Dans cet ordre d’idée BLOCK se propose l’inculture comme attitude fructueuse : partir de soi-même, réceptif au monde, faire sonner sa pratique à la manière d’un standard de musique pop[12]. Cette pensée sauvage possède toujours les accents du meilleur du « futurisme ». Cela revient à privilégier l’action à la rumination, la sensualité à la signification, le contenu de l’expression à celui des motivations, le nouveau au convenu, le devenir à l’essence, à purger la forme de tout résidu symbolique, à saisir l’élégance de beautés modernes non canoniques[13]. Se proposer l’inculture comme attitude ne signifie pas la revendication d’un manque de culture mais l’idée de son appropriation, la perspective de sortir des sentiers battus en s’autorisant la volupté d’évoluer virtuellement comme en territoire inconnu. Dans ce que produit cette pensée, centrée sur sa propre vitalité, Il y a là quelque chose de cette « séduction sérieuse » qui opérait déjà dans la musique punk, et malgré l’appauvrissement assumé de l’expression musicale, lui donnait le pouvoir de déprécier la valeur de musiques rock abordées sous l’angle de la technicité virtuose. Vision populaire d’un « less is more » perceptible ici en ce qu’est transcendé l’esthétique banale d’un produit industriel au service d’une intuition initiale plus profonde.

Ainsi représentative d’une démarche centrée sur l’appropriation du réel, « Forme intermédiaire » ne s’inscrit pas dans une filiation consciente ; toute ressemblance avec des œuvres du passé, de la « no-stop city » d’Archizoom, à Archigram en passant par Superstudio serait faite de rapprochements abusifs, à la limite du contresens - être comme victime des apparences, prendre au sérieux la superficialité du goût. BLOCK ne revendique pas d’héritage. D’une certaine manière il est suggéré que, culturellement, la pratique architecturale n’est pas forcément tributaire de « l’histoire de l’architecture ». Il s’agit encore de l’affirmation que l’architecture peut advenir, exister, hors de toute référence typologique. C’est toute l’ambition d’un travail qui s’attache à coller au plus près d’une expression radicale du concept d’architecture. Le recours à la référence existe bien chez BLOCK, mais comme le goût partagé d’une esthétique commune à ses membres, une inspiration, une certaine idée du style. Ce recours à des univers esthétiques tissent un réseau purement affinitaire de formes dans lequel on puise comme dans une garde robe. Mais l’intelligence de leurs interventions passe toujours autrement que par la citation, dans une pertinence sans image qui fait la radicalité d’un travail dont il faut souligner la cohérence.

L’idée d’appropriation comprise comme un moteur de la création est reconduite dans cette installation envisagée maintenant comme l’élaboration d’une « forme potentielle ». « Forme intermédiaire » est un dispositif auquel il manque toujours une dimension. Dans cette vacuité sciemment ménagée demeure le possible, la potentialité : ce que recouvre la notion d’appropriation. Mais nous sommes loin d’une approche participative qui revient bien souvent à conduire insensiblement le spectateur là même où on avait conçu qu’il devait être. L’appropriation, c’est une dimension qui manque et s’accomplit dans le mouvement du temps. C’est « l’événement » fêté comme un achèvement de l’œuvre. Nous voilà renseigné sur la conception qu’a BLOCK de l’usage et le rapport contradictoire que ce collectif entretient avec l’idée d’adéquation du signe et de la fonction, l’idée de forme appropriée. L’appropriation est simplement pour eux le mouvement par lequel l’objet trouve une destination, devient ustensile. Il ne prend qu’une fonction transitoire[14]. Le signe n’est pertinent qu’en ce qu’il indique un territoire. A quoi cela sert-il ? Où cela va-t-il ? Cette préoccupation étrangement utilitaire dénote un certain désarroi du spectateur. La force du travail mené par BLOCK réside dans l’obstination à rendre perceptible et sensuelle la qualité de ce genre « d’utilité » qui demeure inaperçue tant qu’elle n’est pas activée.

« Forme intermédiaire » est une forme mutante qui laissera au passant attentif la saveur de moments qualitativement différents au fil des actions qui s’y succéderont. « Forme intermédiaire » signifie toute la force du devenir. L’objectif de rendre immédiatement perceptible ce qui était déjà là en puissance. Elle propose une forme sans objet qui implique le moins possible la dimension personnelle et constitue toute l’ambition de ce qui pourrait être nommé « espace sans affectation ». Un dispositif qui intègre l’idée d’un acte minimum, agissant à la manière d’un amplificateur ou d’un révélateur, une machine ouverte à toutes les connexions.

                Les actions de BLOCK impliquent une prise en compte du milieu, de l’environnement qui dépasse la notion traditionnelle du contexte pour atteindre celle de paysage.

Stéphane LAGRE_ DATA0.10_Architecte, Cofondateur du blockhaus DY10


 

[1] La plus douteuse des analogies renvoie l’installation que propose les membres de L’agence BLOCK à la problématique de la dualité du réel et de quelque « arrière monde », la réduisant à l’image pauvre de « l’envers du décors », au poncif version déco de la grotte de Platon.

[2] Un blockhaus ramené à la seule présence de sa matérialité fut le contenu d’une émotion fondatrice qui souda à elle seule l’énergie d’un groupe en 1994. Le fait que l’effectif de l’agence ait émergé du groupe initial qui avait fait d’un Blockhaus Nantais un lieu expérimental (toujours connu sous l’enseigne du « Blockhaus DY10 ») nous renseigne sur la nature de leur singulière sensibilité architecturale.

[3] Sentence poétique que l’on doit à Karl Marx que je détourne à dessein.

[4] J’ai pu assister à certaines étapes de la conception de cette installation et participer à quelques discussions autour de la préoccupation de se démarquer de l’idée « d’installation purement plastique ». Au départ l’agence BLOCK prévoyait trois « architectures radicales ». Cela impliquait qu’on puisse tourner autour et le risque était grand d’une méprise qui reviendrait à replacer leur intervention dans une stratégie de l’objet, le contresens le plus fâcheux réduirait le tout à l’idée d’objet d’art. Les « architectures radicales » sont devenues cette « Architecture intermédiaire » dont la radicalité de l’expression interdit maintenant toute ambiguïté de cet ordre.

[5] Le Corbusier définissant l’architecture comme le « jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière » trahit une vision de l’architecture sacrifiée à la sculpture : l’espace est réduit au vide qui met en valeur l’objet et non l’inverse. Block fait une part égale à l’ombre et à la lumière dans son installation.

[6] « L’architecture […] considérée comme l’art d’organiser l’espace », Une définition minimale de l’architecture qu’on doit à Auguste Perret, est rappelée par Jean Nouvel à l’occasion du catalogue de l’exposition qui lui était consacrée, Paris, Centre Georges Pompidou, 28 nov. 2001-4 mars 2002.

[7] Le labyrinthe des alvéoles du Blockhaus DY10 (Bd Léon Bureau à Nantes), si familière au groupe, plafonne à deux mètres vingt. Dans le film de Spike Jonze on avance penché sous un faux plafond trop bas, lieu improbable par lequel on passe pour entrer dans la peau de John Malkovich.

[8] La cours du « Lieu Unique » est laissée dans son jus : elle constitue un vestige « patrimonial » en ce qu’elle évoque ce qu’il reste d’authentique de l’ancienne usine LU. L’évidence de cette espace est trompeuse puisqu’il nous est caché tous les procédés constructifs complexes mis en œuvre par l’architecte Patrice Bouchain pour obtenir ce qu’il faut appeler un « effet de préservation ». Les BLOCK, en ce que leur installation se veut un révélateur du lieu, s’approprie à leur manière cette démarche initiale qu’ils continuent à leur manière.

[9] Qu’on fasse  habituellement  remonter l’histoire de l’architecture au moment original où l’homme a lui-même conçu l’enveloppe de son habitat, la hutte primitive ou la tente en étant l’archétype, est ici remis en cause pour s’attacher plus radicalement à l’espace sous l’angle de son appropriation. Ce qui rapproche le fond de l’installation de l’idée d’une grotte contemporaine.

[10] Que les visiteurs ne réfèrent pas spontanément à l’ambiance d’une usine ou d’un bureau paysager montre la pertinence des détournements opérés sur le plafond suspendu afin de neutraliser le conformisme des associations d’idées qu’il suggère habituellement.

[11] C’est un ravissement que de saisir le trouble de visiteurs, montés par l’échafaudage sur la surface éclairée du plafond suspendu libéré de ses entraves et imprimant un léger mouvement de balancier, ayant la sensation amusée que le sol se dérobe sous leurs pieds. Perturbation insensible qui suscite un autre type de sensation en bas mais tout aussi proche de l’émerveillement enfantin.

[12] Certains ont fait le contresens : la production des BLOCK se place sur le terrain de « l’architecture non-standard ». Leur attitude « Pop », qui vise au réemploi systématique de produits standardisés, dévolus à la construction, montre le contraire. Ce qui n’implique pas qu’on ne puisse en faire un usage non standard, détourné. Il faut rappeler que l’architecture dite « non-standard », elle, se comprend comme le recours exclusif, encore expérimental, à des techniques industrielles propices à la production directe de formes spécifiques (prototypage rapide, fabrication assistée par ordinateur, machines à commandes numériques), à l’opposé de la standardisation. Le standard, produits conçus pour être  lancés sur le marché, représentant encore le réalisme actuel d’un secteur de la construction hérité du mouvement moderne,  implique un déplacement de la créativité sur le terrain de solutions d’assemblages.

[13] Cf. le manifeste futuriste de F.T. Marinetti : Une automobile…est plus belle que la Victoire de Samothrace.

[14] Pour illustrer cela on peut citer cette anecdote qui nous a toujours séduit : « Lors de sa visite au Bauhaus de Dessau, Malevitch y va d’une parabole, rapportée par Peiper, qui déconcerte Gropius : Un jour, pour s’amuser, il a découpé une tasse en deux parties perpendiculaires. C’était durant une période de difficultés financières. Il se fit sermonner par sa femme. Une partie comportant une anse lui a beaucoup plu et il l’a donc conservée. Un jour, il ne l’a pas trouvée à la place où il l’avait laissée, sa femme s’en servait pour verser le sucre ou la farine… » cité in Kazimir Sérévinovitch Malevitch _  Frédéric Valabrègue

Par LAGRE STEPHANE - Publié dans : data0.10
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 16:08
VIDEO>>>In Nihilo
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In Nihilo
  

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In Nihilo
est le produit final du travail personnel de fin d'étude de Tanguy Vermet aujourd'hui architecte.

C'est dans l'éprouvante phase théorique de son projet que Stéphane Lagré intervient... Le projet, qui traite de l'image sous plusieurs aspects pour se cristalliser dans un projet sur le strip de Las Vegas, stimule un échange fructueux: In Nihilo devient un travail à quatre mains.

Le texte qui présente la vidéo est un collage inspiré de textes pris dans la bibliothèque de Stéphane Lagré. Il traduit la démarche de Tanguy Vermet dont la position réflexive interdisait la synthèse. Ce texte apparaît fidèle à cette démarche et illustre totalement le film qui sera produit après la rédaction et dont il constitue en quelque sorte un programme.

Le texte est rédigé (on pourrait dire composé à la manière d'un détournement) en une nuit d'Avril 2005, le film sera terminé quant à lui au mois de Juin 2005.

 

In Nihilo Juin 2005

sur une idée originale de TANGUY VERMET

Collaboration STEPHANE LAGRE (épilogue)

Animation: STEPHANE LAGRE, TANGUY VERMET

Bande son: Samples d'un morceau du groupe DEUS, mix MAX JANSEN

 

Matière Epilogue

Louis Marin,Utopiques jeux d'espaces ,p257-297 collection «critique » éditions de minuit,,1973

Kurt Weill,Lotte Lenya,Berthold Brecht,Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny ,cbs record,p31,p37,p39

Miguel Benasayag,Che Guevara,du mythe à l'homme- aller- retour ,Bayard,p15,p24 2003

Jaime Semprun,Défense et illustration de la Novlang Française

Karl Marx,Venturi,Nouvel,..

 

 

EPILOGUE

 

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On a vu combien Las Vegas avait pu paraître préfigurer ce qui deviendra, en se radicalisant, le concept  de Disney Land. Il faudrait souligner maintenant ce qui les différencie radicalement : Si Disney Land articule des "Utopiques", Las Vegas  procède par collage d'images vampirisées, vidées de leur substance.

          Disney Land  est un jeu permanent sur « l'Utopie » _ une « Utopique » est une construction imaginaire ou réelle d'espaces dont la structure n'est pas pleinement cohérente selon les codes de lecture eux-mêmes que cette construction propose. Elle met en jeu l'espace. Ainsi sont structurés et distribués plusieurs mondes et le chemin qui mène de l'un à l'autre est un cheminement initiatique dont la fonction serait d'opérer un oublie tissé de la trame d'un récit de voyage vers une contrée mythique. Dans ses «thèses sur l'idéologie et l'utopie» Louis Marin nous rappelle que «l'utopie est une critique idéologique de l'idéologie», que «l'utopie est une critique de l'idéologie dominante dans la mesure où elle est une reconstruction de la société présente (contemporaine) par un déplacement et une projection de ses structures dans un discours de fiction». Par là, Disney Land consisterait plus en une  « utopie dégénérée » qui est définie comme «une idéologie réalisée sous la forme d'un mythe».

 

1 - L'idéologie est la représentation du rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d'existence.


2 - L'utopie est un lieu idéologique : l'utopie est une espèce du discours idéologique.


3 - L'utopie est un lieu idéologique où l'idéologie est mise en jeu : l'utopie est une scène de représentation de l'idéologie.


4 - Le mythe est un récit formulant structurellement la solution d'une contradiction sociale fondamentale.

          

         Las Vegas: il n'y a qu'à performer le Strip pour se rendre compte que nous sommes loin de toutes ces considérations ; beaucoup plus proche de besoins humains bestiaux et au coeur de la mise en oeuvre de l'ensemble des moyens qui auront visés à les assouvir. Comme si on avait pu se persuader que l'homme pourrait un jour se trouver, se reconnaître  là, dans  «les eaux glacées du calcul égoïste». Comment ne pas entendre les mots de Brecht sur la musique de Kurt Weill « grandeur et décadence de la ville de MAHAGONNY » - la rencontre consentie de certains intérêts avec certains besoins fondamentaux de l'homme, même si ces besoins sont ceux de se perdre soi-même. Besoin de la perte de soi. Que ces besoins soient instrumentalisés ou non à d'autres fins.

 

LES INTERETS D'ABORD

 

FATTY :

Bon, alors on ne peut pas faire demi-tour.

MOÏSE :

Mais c'est qu'on trouve de l'or sur la côte.

FATTY :

Oui, mais elle est longue la côte!

MOÏSE :

Bon, alors on ne peut pas y aller.

FATTY :

N'empêche qu'on y trouve de l'or!

MOÏSE :

Oui, mais elle est longue, la côte.

LEOCADIA BEGBICK :

(Émergeant du camion)

Alors, ça n'avance plus ?

MOÏSE :

Non.

BEGBICK :

Bon, alors on reste ici. J'ai une idée : si on ne peut pas aller plus loin, on va rester ici. Vous savez, tous ceux qui reviennent de là-bas et qui ont tiré l'or des rivières sont d'accord : les rivières ne lâchent pas comme ça leur trésor. Il faut travailler dur, et nous, on ne sait pas travailler. Mais moi, je les ai vus, ces hommes là, et je vous le dis, l'or, ils le lâcheront ! L'or, c'est plus facile à tirer des hommes que des fleuves ! Nous allons fonder une ville, qui s'appellera Mahagonny, la ville-piège.

FATTY, MOÏSE :

La ville-piège !

 

PUIS DES BESOINS FONDEMMENTAUX DE L'HOMME, LA PERTE DE SOI

 

Rapidement, dans les semaines qui suivirent, surgit une ville, et les premiers requins vinrent s'y établir.

La nouvelle de la fondation d'une cité paradisiaque atteint les grandes villes.

(Au fond, projection d'une ville énorme et photos d'une multitude d'hommes.)

 

LES HOMMES :

Nous habitons les villes. Sous nos villes, des égouts, dans nos villes, la fumée. Nous n'avons rien, nous n'avons rien vu d'autre. Si nous mourons vite, nos villes meurent lentement.

FATTY :

Loin des tumultes du monde!

MOÏSE

Les grands express ne s'y arrêtent pas !

FATTY :

la cité de l'or, Mahagonny !

MOÏSE :

On y parlait de vous pas plus tard qu'hier.

FATTY :

Dans vos grandes villes, trop de bruits, de cris, de désordres, discordes, et rien de solide et de certain.

MOÏSE :

Car tout est malade.

JIM :

Tous à Mahagonny !

BILL :

Bifteck pas cher, chair à plaisir.

La sy-, la sy-phi-lisation, mon vieux, on en guérit.

JOE :

Poker, gin et wisky.

JIM, JACK, BILL, JOE :

Belle, verte lune d'Alabama, guide nos pas ! Nous avons sous nos gilets bien assez de gros billets pour bourrer ta grande gueule verte au rire idiot !

LES HOMMES :

Nous habitons les villes. Sous nos villes, des égouts, dans nos villes, la fumée. Nous n'avons rien, nous n'avons rien vu d'autre. Si nous mourons vite, nos villes meurent lentement.

BEGBICK :

Ces messieurs désirent-ils se pourvoir tout de suite en demoiselles fraîches ?

 

LA VILLE PIEGE !

 

       «EL RANCHO», c'est l'histoire en marche de «LAS VEGAS», on y verrait presque le laboratoire de «DISNEY LAND» car il reste encore quelque chose du mythe de «l'ouest», une mise à profit du récit mythique à des fins de profit. Mais ce qui est remarquable aujourd'hui, c'est de se rendre compte combien ce temps est loin et de l'économie qui est faite dans l'emploi des images : l'architecture et les nouilles se confondent de plus en plus.

       J'en ai fini avec «DISNEY LAND» et d'éventuelles comparaisons possibles entre les deux phénomènes : si tous deux ont à voir avec une instrumentalisation des images, l'un se fonde sur le récit qui sous-tend l'imaginaire quand l'autre tendrait plutôt à en faire l'économie. D'un coté l'image est le produit d'un processus, de l'autre l'image fait bien plutôt parti d'un dispositif en procès: à Las Vegas on parlera plus volontiers de collage, de la coexistence d'icônes vides, de mondes réduits à des images sans substance dont la juxtaposition ne vise plus aucune cohérence.

          C'est là que le cours même de ma divagation fait un premier tour sur lui-même, semble se mordre la queue et finit par faire LARSEN: qui nous dira de l'oeuf ou de la poule aura été le premier _  Las Vegas est le produit de son histoire, à un instant «t» de cette histoire où l'on ne discerne plus très bien quel stade d'un emploi spécifique de l'image aura engendré ce bazar, cette formidable matière qui semble à son tour faire image, alimentant maintenant un dispositif naturel de LARSEN tellement la ville semble maintenant se boucler sur elle-même.

Un projet comme dispositif d'intensification d'un phénomène en puissance : LARSEN

 

TOUT EST IMAGE

 

       Nous vivons, paraît-il, dans l'« ère de l'image ». Du moins, c'est l'un des stéréotypes fréquemment attribués à nos sociétés occidentales. Il est vrai que d'une part la suprématie actuelle des messages visuels, et d'autre part la diffusion de masse qui en découle, sont des phénomènes bien spécifiques à notre époque.

       Mais n'oublions pas que le rapport de l'homme à l'image est, par définition, très complexe. C'est une constante depuis la nuit des temps. Si nous prenons l'exemple des religions monothéistes - qui sont les plus méfiantes à l'égard de certaines images - nous nous apercevons que le judaïsme interdit purement et simplement toute forme de représentation visuelle de la divinité, que le christianisme connut d'importantes scissions au sujet de la légitimité accordée à l'image, et qu'enfin, l'islam restreint rigoureusement son utilisation.

          Tout au long du Moyen Âge, la question des icônes fut le centre d'un débat très féroce. La discussion portait en particulier sur le sujet de la translatio ad prototipum, ainsi nommée par les iconographes et les iconoclastes de l'époque. En vertu de ce principe, on considérait que les hommages rendus à l'image sont directement transférés au prototype, sans être souillés. Mais les détracteurs de cette idée soutenaient que la vénération des images détourne au contraire les hommages rendus et le respect témoigné : puisque l'image n'est qu'une copie fallacieuse du prototype, alors l'adoration des objets, n'ayant aucun lien direct avec les sphères divines, relèverait tout simplement de l'idolâtrie.

Dans ce conflit médiéval, la discussion admettait un présupposé auquel notre époque ne s'intéresse pas et que peut-être elle ne comprendrait même pas, c'est celui de la référence ontologique, c'est-à-dire de la relation «réelle» qui lie une image (ou une statue, par exemple) au prototype correspondant, lequel appartient aux sphères sacrées et existe dans une dimension divine.

En ce qui concerne notre réflexion sur «Las Vegas», il nous faudrait déterminer ce qui demeure de chaque prototype relativement à chaque «citation» ou «copié/collé» aujourd'hui, au-delà de la métastase de ces images (comme la prolifération mondiale des répliques plus ou moins fidèles de la « tour Eiffel »), et nous demander s'il existe encore un substrat symbolique permettant la translatio et dans ce cas où se dirige ladite translatio.

       Je persisterai à dire que quelque part, au-delà du caractère délirant qui sous-tendrait une telle démarche,  on s'en fout : tout cela n'est il pas une réflexion pour un vieux monde qui à cessé d'exister à l'heure d'Internet et de la «novlangue» ??? Comme le dit Jaime Semprun dans son « traité pour la défense et l'illustration de la « novlangue française » », il devient vain de défendre l'archéo-langage quand son vocabulaire n'est plus en adéquation avec les sensations que nous procure l'époque, que nous éprouvons en accord avec notre temps ; comme il est vain de garder 4O mots différents pour décrire les états successifs de la figue au long de son mûrissement, comme c'était le cas dans la langue arabe, alors que nous sommes partout pressé d'aller vite et peu enclin à la contemplation.

Platon se méfiait déjà avec conviction des reproductions visuelles contre lesquelles il mettait en garde dans sa fameuse métaphore de la caverne, où il dit qu'elles sont des «recréations de la création».

La relation de l'homme avec la recréation de ce qui est a toujours été sujette à polémique. Preuve de l'importance de cette question.

       Par conséquent, il serait plus judicieux de dire que ce qui a changé avec la prolifération actuelle de l'image (favorisée par le développement débridé des moyens de communication) est principalement le statut conféré à l'image, en tant que paramètre extrêmement puissant et structurant l'ordre social ainsi que la relation de l'homme avec lui-même.

       Dans nos sociétés postmodernes qui nient catégoriquement les questions de fondements et de principes, la polysémie intrinsèque de l'image n'est absolument pas maîtrisée. En d'autres termes, n'étant soumise à aucun paradigme ou cosmogonie énonçant des lois restrictives, l'image dépasse largement les limites de sa potentialité.

       Nous assistons alors à une sorte d'orgie de la signification, où ce qui peut tout signifier finit par ne rien signifier du tout. Lorsque la postmodernité soutient que tout est récit et que par conséquent le sens de chaque chose peut être modifié indéfiniment, comme dans un récit, alors elle abolit la barrière qui sépare le véridique du fictif et le vrai du faux.

       On trouvera toujours quelqu'un pour emprunter ce biais de la critique pour pleurer sur l'état du monde et l'aliénation croissante de l'homme ; mais ne peut on pas ne retenir simplement que ce qui ne serait finalement qu'une « libération » sans porter quelque jugement moral sur le sujet d'une quelconque perte de sens, de vérité, de substance ? En matière de forme ne pourrait on dire « rien n'est vrai tout est possible ? », et s'en réjouir? Comme je l'affirmais « Si le copier/coller peut se passer de sens, il ne peut se passer de matière »?

       Comme le soulignait venturi dans son ouvrage le plus connu «le strip de las vegas lance à l'architecte le défi de la regarder positivement, sans jugement préconçu».

Pour moi, la plus grande leçon de venturi n'avait pas tant été sa théorie sur le signe que sa manière de puiser dans la ville, même la plus contestable qu'il soit, une forme d'optimisme.  

       C'est là finalement que je me rends à l'évidence que toutes les pistes sur la pensée moderne de l'image tendent à tisser un labyrinthe dans lequel je n'ai cessé de me perdre : la carte n'est pas le territoire, la théorie est le fantôme décharné de pratiques élémentaires et désenchantées? que dire de la longue marche stérile effectuée dans le grand désert de la théorie de l'image, des laborieuses tentatives pour extraire une définition et un concept du copier/coller, espérant trouver au détour d'un récit une forme d'architecture; je n'ai trouvé qu'un désert; la chance fut qu'au bout du désert on pouvait trouver Las Vegas; pas la théorie mais le monstre parfait, le «Frankenstein» cousu de toutes sortes de variations sur un même thème presque exclusif des emplois possibles de l'image; et d'un devenir ville fabuleux autant que monstrueux; IN NIHILO. Au coeur de pratiques possibles la boucle ne cesse de se boucler, ne cesse de faire LARSEN.

      

Au début était l'image, l'image renvoie d'abord au récit, elle tend aussi bien à en faire l'économie, il y a le prototype, le prototype n'en peut pas moins faire image, puis il y a la copie, la référence plus ou moins idolâtre au prototype, mais encore le copié/collé le plus désenchanté qui soit, le plus iconoclaste, le plus désacralisé qui soit, il y a la référence au mythe fondateur, le pittoresque, le pittoresque peut aussi bien être emprunté ailleurs, hors les mur de son univers de référence, on peu même dire que ça n'est jamais assez, une pyramide amérindienne mettra en valeur la pyramide de Louxor, il y a le sens des choses, tout aussi bien le non sens total, le faux achevé, l'accumulation des images, un devenir image de cette accumulation, tout aussi bien le devenir « Las vegas » d'une telle accumulation, un moment de l'histoire d'une ville, puis ce journaliste qui parle de cette ville sous un titanesque tunnel vidéo qui r'envoie l'image de cette ville laquelle renvoie finalement à toutes les villes auxquelles elle a emprunté des citations, la kleptomanie est une hygiène intellectuelle, un moment encore de son histoire, tout aussi bien un nouveau seuil est passé, puis il y a cette foule qui applaudit le journaliste, cette foule qui se voit applaudir car filmée et projetée sur l'écran tunnel, tous ces r'envoies fractals des images, une sorte nouvelle de LARSEN vidéo, la tour Eiffel, une carte postale de la tour Eiffel, une des nombreuses copies de la tour Eiffel, puis un hôtel dans une réplique de la tour Eiffel sur le strip de Las Vegas, puis son apparition là derrière le journaliste sur le méga écran tunnel, et cette foule qui se regarde l'applaudir, ce long tunnel vidéo qui pourrait s'étendre à tout le strip, un hôtel de plus capturant toutes le images du strip, plongeant son regard dans l'abîme elle en retrouverait jusqu'aux traces du prototype, plus une image mais un dispositif innovent bouclant sciemment la ville sur elle-même pour la faire partir dans un larsen délirant, un nouveau seuil de l'image, un nouveau stade pour un nouveau moment de l'histoire de Vegas;

 

UN PROJET SUR LE STRIP

 

Par LAGRE STEPHANE, VERMET TANGUY - Publié dans : MADE IN
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 18:07

 

 

Modernité pour la préhistoire

Gyeonggi‑do Prehistory Museum

 

 

 

Jury : Kerl Yoo, Surigjung Chough, Byung Hyun Kim, lshiyama Osamu, Hani Rashid, Cesare Maria Casati, Roberto Simon Maître d'ouvrage client: Gyeonggi Provincial Government

 

 l’ARCA INTERNATIONAL 72

 

Vingt‑huit ans après la découverte des premières pièces archéologiques à jeongok‑ri, Yeoncheon‑gun, Gyeonggi‑do, sites paléolithiques d'une grande valeur mondialement reconnus, on a enfin eu l'idée de réaliser le Musée Préhistorique de Gyeonggi‑do afin de transformer agréablement ce site et d'en faciliter une nouvelle approche touristique à caractère culturel, où la vie du paléolithique puisse être en quelque sorte expérimentée.

 

L'initiative de lancer un grand concours international en collaboration avec l’UIA est de celles qui laissent une trace, non seulement pour la clairvoyance et l'ambition de l'avis de concours ou pour le choix d'un jury international prestigieux, mais aussi pour la volonté explicite de marquer l'expression de l'architecture contemporaine dans sa dimension la plus visionnaire. Un bouleversement de la dimension de l'objet du musée qui dépasse toute formulation typologique possible, plus de Kunsthalle ou de "white box » vide, plus de machines seules pour expositions à la sauce high‑tech, mais des formes nouvelles d'architecture pour de nouveaux paysages.

 

Près d'un siècle s'est écoulé désormais depuis le temps où Fernand Léger définissait l'esthétique de la machine en révélant "l'objet fabriqué, absolu polychrome, beau en soi" ; désormais, sous le poids de tonnes d'édifices high‑tech, l'idée que l'architecture puisse simuler esthétiquement la forme ou la précision de la machine ne semble plus susciter aucun bruit à notre époque. Machines seules, comme cela plaisait à Duchamp, auto‑commémoratives, fin en elles‑mêmes et, ce qui est pire, flexibles au point d'en permettre n'importe quelle utilisation. juste le contraire de la machine, du revolver, du moteur, où les choses existent parce qu'elles servent, correspondent à des fonctions et collaborent à un programme, comme on les voit ici. Machines "conjointes", ces autres, donc ou "machine à..." comme l'affirmait Le Corbusier, machines à... exposer, regarder, vivre, travailler, voire même rêver, comme il aimait souligner à l'égard de sa Villa Savoye : "Une machine à faire voir le paysage". Construite autour de l'homme et de son paysage, nouvelle frontière du moderne dépassant le fonctionnalisme, en mesure de comprendre l'individu dans sa totalité.

 

L'individu en action, donc ; c'est dans son être que réside le thème de ce concours qui doit affronter la transformation sociale la plus rapide de tous les temps et l'impossibilité de trouver de nouvelles frontières formelles ou exécutives. La seule frontière véritable, en mesure de créer une nouvelle architecture, est celle de concevoir de nouvelles façons de vivre, travailler, exposer, donc de concevoir, à l'intérieur de l'espace, l'avenir du geste, sa production : l'événement.

 

Il n'y a rien de nouveau. "Imaginez toujours l'architecte (l'artiste) pour une fenêtre, une personne appuyée contre ‑ écrivait Gio Ponti en 1957 pour une porte, une personne qui la franchit, pour un escalier, une personne qui le descend et une qui le monte, pour un porche, une personne qui y fait une halte, pour un hall, deux qui s'y rencontrent, pour une terrasse, une qui s'y repose, pour une chambre, une qui y vit ... entendez les voix entre les murs ; voix de femmes, d'enfants, d'hommes, Entendez la chanson qui s'envole des fenêtres. Entendez les noms que l'on crie : entendez les appels... Entendez les métiers".

 

Concevoir le programme d'un musée archéologique, comme cela a été fait ici par les meilleurs, cela a voulu dire imaginer ce qui s'y produit et comment, comment cela se produit‑il que quelqu'un raconte, quelqu'un d'autre écoute, regarde à la lumière diffuse dans une petite pièce ou bien à travers un grand diorama, comme on archive les pièces, peut‑être dans de nombreuses petites boîtes sombres et absolument hermétiques ou dans une grande salle pleine de lumière et de couleurs où des centaines d'objets se mêlent en superposant leur forme à mille autres, et en se promenant, on choisit lequel admirer. Des espaces poétiques, de l'action, non dictés par des canons mais par le déroulement d'un programme. De nouveaux programmes donc, scénarios contemporains qui ne peuvent plus trouver de réconfort dans des typologies reconnaissables, qui explorent les pratiques les plus récentes de l'action et de la vie afin de trouver de nouvelles formes et de nouveaux espaces.

Matteo Gatto

 

 

Tweny-eight years after discovering the first archeological relics in jeongok‑ri, Yeoncheon‑gun, Gyeonggi‑do, internationally acknowledged as valuable Palaeolithic sites, it was finally decided to build the Gyeonggi‑do Prehistory Museum, in order to transform the site in a pleasant way and encourage a cultural form of tourism, so that life in the Palaeolithic age to be in some sense be experienced. The project to launch a major international competition in conjunction with the UIA is of the kind that really makes its mark, not just for how far‑sighted it is, its ambitions tender or the choice of a prestigious international jury, but also due to the explicit desire to leave its trace on the most visionary form of modern‑day architecture through a number of projects from all over the world.

Museums have finally been given a new lease of life, transforming them Io the point where no imaginable stylistic categorisation holds any more: no Kunsthalle or empty white boxes, no more celibate machines for high-tech exhibitions, but rather new forms of architecture for new and unexpected landscapes. Almost a century has passed since Fernand Léger defined the aesthetics of machinery referring to "l'objet fabriqué, absolu polychrome, beau en soi" and now, under the weight of tons of high‑tech buildings, our age is no longer shocked at the idea that architecture may, in some way, aesthetically simulate the form or precision of a machine.

The kind of celibate machines that Duchamp used to like so much, self-congratulatory ends in themselves and, worse still, flexible enough to be used for anything, hence nothing: quite the opposite of the machine, revolver or engine, whose parts are there because they serve some definite purpose, corresponding to set functions and working on a programme, as can be seen here. These others are "coupled" machines, then, or "machine à... " as Le Corbusier put it, machines for ... exhibiting, watching, living, working and perhaps even dreaming, as he loved to emphasise in relation to his Ville Savoye: "Une machine à faire voir le paysage ". Built around man and his landscape, people's way of being and operating, the latest frontier of the modern, and moving beyond functionalism, capable of understanding every aspect of the individual, even the most emotional and transcendent. An individual in action is, hence, the subject of this competition, which finds itself dealing with the fastest process of social transformation ever and the impossibility of coming up with new formal or executive frontiers. The only true frontier, capable of generating new architecture, involves planning a programme, and not just quantitatively or in terms of the distributional features of building, but in the sense of inventing new ways of living, working, exhibiting and hence thinking within space, the future of gestures and how they are‑produced: the event.

There is nothing new about this. "The architect (artist) should always imagine somebody at the window ledge when envisaging a window ‑ so Gio Ponti wrote in 1957 ‑ a person crossing it for a door, a person coming down them for stairs, a person standing in it for a gateway, two people meeting for a lobby, somebody standing there for a terrace, somebody living in it for a room.... heur the voices between walls; women’s, children’s, men’s. Hear the song coming through the windows, Hear the names being cried out: hear the allusions ... hear the crafts".

Here planning a programme for an archaeological museum meant imagining how things happen and what happens, why one person has something to say, another listens and stirs in diffused light into a small setting or perhaps through a large diorama, the way relics are stored away, perhaps in lots of dark little perfectly sealed boxes or in a large room full of light and colour, where hundreds of objects are mixed together as their forms overlap with thousands of others, and a passer‑by decides what to look at. This is how imagining the event gives meaning to the thousands of choices that go into a work of architecture. Poetic spaces, which are not dictated by canons of style but by the implementation of a programme, not enforced by proper design rules. This means new programmes, modern‑day settings which can no longer take refuge in recognisable typologies, investigating the latest practices of work and life, so as to discover new forms and new spaces.

Matteo Gatto

 

 

Ce projet propose une sorte de “musée diffusé”, constitué d’”iles” qui mettent en relief et valorisent les pieces à l’interieur du lieu-même où elles ont été trouvées. A l’extérieur, on a prévu une “végétalisation” totale de la couverture, la seule émersion qui définit la présence du musée sur le site archéologique. 

This project proposes a sort of « diffused museum » made of « islands » emphasing and enhancing the relics right where they were found. On the outside, the roof is totally “landscaped” and is the only emergence marking the museum’s presence on the archaeological site. 

Par LAGRE STEPHANE - Publié dans : Jeongok prehistory museum competition
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MADE IN

made in MIKAN GUMI

2003 TOYOTA Group Show-Room / SKYSCAPE/ for the motor-show of CHIBA / Makuhari exhibition Hall, Tokyo/ GFA : 1500 m² / Work commissioned by Toyota Group, Tokyo, In collaboration with ‘ Mikan Gumi ‘Agency in the capacity as Project leader /main contractor: Mikan Gumi / M,Tardits / K,Kamo / M,Sogabe / M,Takeuchi

   http://www.mikan.co.jp

made in S'IA

2004 JINFENG Group Head Office, Shantou, / estimated budget: 16 000 000 USD / GFA :  16 000 m² /Work commissioned by private enterprise / In collaboration with ‘S’International Architects’ in the capacity as project leader main contractor: S’International Architects / Richard Bliah

 

http://www.s-i-a.co.jp/

made in GPAA

---- : Centre de formation professionnelle Réhabilitation, Restructuration et Extension du CFI Gambetta, Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris  - Budget : 21 427 536 Euros HT/Surface : 12 943 m² / Commande publique / Phase esquisse / BLOCK architectes, sous-traitants de l’agence ‘ GPAA ‘, Nantes, France ; Mandataire : Gaëlle Péneau Architectes Associés/ Concours perdu 

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