Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /Oct /2006 18:07

 

 

Modernité pour la préhistoire

Gyeonggi‑do Prehistory Museum

 

 

 

Jury : Kerl Yoo, Surigjung Chough, Byung Hyun Kim, lshiyama Osamu, Hani Rashid, Cesare Maria Casati, Roberto Simon Maître d'ouvrage client: Gyeonggi Provincial Government

 

 l’ARCA INTERNATIONAL 72

 

Vingt‑huit ans après la découverte des premières pièces archéologiques à jeongok‑ri, Yeoncheon‑gun, Gyeonggi‑do, sites paléolithiques d'une grande valeur mondialement reconnus, on a enfin eu l'idée de réaliser le Musée Préhistorique de Gyeonggi‑do afin de transformer agréablement ce site et d'en faciliter une nouvelle approche touristique à caractère culturel, où la vie du paléolithique puisse être en quelque sorte expérimentée.

 

L'initiative de lancer un grand concours international en collaboration avec l’UIA est de celles qui laissent une trace, non seulement pour la clairvoyance et l'ambition de l'avis de concours ou pour le choix d'un jury international prestigieux, mais aussi pour la volonté explicite de marquer l'expression de l'architecture contemporaine dans sa dimension la plus visionnaire. Un bouleversement de la dimension de l'objet du musée qui dépasse toute formulation typologique possible, plus de Kunsthalle ou de "white box » vide, plus de machines seules pour expositions à la sauce high‑tech, mais des formes nouvelles d'architecture pour de nouveaux paysages.

 

Près d'un siècle s'est écoulé désormais depuis le temps où Fernand Léger définissait l'esthétique de la machine en révélant "l'objet fabriqué, absolu polychrome, beau en soi" ; désormais, sous le poids de tonnes d'édifices high‑tech, l'idée que l'architecture puisse simuler esthétiquement la forme ou la précision de la machine ne semble plus susciter aucun bruit à notre époque. Machines seules, comme cela plaisait à Duchamp, auto‑commémoratives, fin en elles‑mêmes et, ce qui est pire, flexibles au point d'en permettre n'importe quelle utilisation. juste le contraire de la machine, du revolver, du moteur, où les choses existent parce qu'elles servent, correspondent à des fonctions et collaborent à un programme, comme on les voit ici. Machines "conjointes", ces autres, donc ou "machine à..." comme l'affirmait Le Corbusier, machines à... exposer, regarder, vivre, travailler, voire même rêver, comme il aimait souligner à l'égard de sa Villa Savoye : "Une machine à faire voir le paysage". Construite autour de l'homme et de son paysage, nouvelle frontière du moderne dépassant le fonctionnalisme, en mesure de comprendre l'individu dans sa totalité.

 

L'individu en action, donc ; c'est dans son être que réside le thème de ce concours qui doit affronter la transformation sociale la plus rapide de tous les temps et l'impossibilité de trouver de nouvelles frontières formelles ou exécutives. La seule frontière véritable, en mesure de créer une nouvelle architecture, est celle de concevoir de nouvelles façons de vivre, travailler, exposer, donc de concevoir, à l'intérieur de l'espace, l'avenir du geste, sa production : l'événement.

 

Il n'y a rien de nouveau. "Imaginez toujours l'architecte (l'artiste) pour une fenêtre, une personne appuyée contre ‑ écrivait Gio Ponti en 1957 pour une porte, une personne qui la franchit, pour un escalier, une personne qui le descend et une qui le monte, pour un porche, une personne qui y fait une halte, pour un hall, deux qui s'y rencontrent, pour une terrasse, une qui s'y repose, pour une chambre, une qui y vit ... entendez les voix entre les murs ; voix de femmes, d'enfants, d'hommes, Entendez la chanson qui s'envole des fenêtres. Entendez les noms que l'on crie : entendez les appels... Entendez les métiers".

 

Concevoir le programme d'un musée archéologique, comme cela a été fait ici par les meilleurs, cela a voulu dire imaginer ce qui s'y produit et comment, comment cela se produit‑il que quelqu'un raconte, quelqu'un d'autre écoute, regarde à la lumière diffuse dans une petite pièce ou bien à travers un grand diorama, comme on archive les pièces, peut‑être dans de nombreuses petites boîtes sombres et absolument hermétiques ou dans une grande salle pleine de lumière et de couleurs où des centaines d'objets se mêlent en superposant leur forme à mille autres, et en se promenant, on choisit lequel admirer. Des espaces poétiques, de l'action, non dictés par des canons mais par le déroulement d'un programme. De nouveaux programmes donc, scénarios contemporains qui ne peuvent plus trouver de réconfort dans des typologies reconnaissables, qui explorent les pratiques les plus récentes de l'action et de la vie afin de trouver de nouvelles formes et de nouveaux espaces.

Matteo Gatto

 

 

Tweny-eight years after discovering the first archeological relics in jeongok‑ri, Yeoncheon‑gun, Gyeonggi‑do, internationally acknowledged as valuable Palaeolithic sites, it was finally decided to build the Gyeonggi‑do Prehistory Museum, in order to transform the site in a pleasant way and encourage a cultural form of tourism, so that life in the Palaeolithic age to be in some sense be experienced. The project to launch a major international competition in conjunction with the UIA is of the kind that really makes its mark, not just for how far‑sighted it is, its ambitions tender or the choice of a prestigious international jury, but also due to the explicit desire to leave its trace on the most visionary form of modern‑day architecture through a number of projects from all over the world.

Museums have finally been given a new lease of life, transforming them Io the point where no imaginable stylistic categorisation holds any more: no Kunsthalle or empty white boxes, no more celibate machines for high-tech exhibitions, but rather new forms of architecture for new and unexpected landscapes. Almost a century has passed since Fernand Léger defined the aesthetics of machinery referring to "l'objet fabriqué, absolu polychrome, beau en soi" and now, under the weight of tons of high‑tech buildings, our age is no longer shocked at the idea that architecture may, in some way, aesthetically simulate the form or precision of a machine.

The kind of celibate machines that Duchamp used to like so much, self-congratulatory ends in themselves and, worse still, flexible enough to be used for anything, hence nothing: quite the opposite of the machine, revolver or engine, whose parts are there because they serve some definite purpose, corresponding to set functions and working on a programme, as can be seen here. These others are "coupled" machines, then, or "machine à... " as Le Corbusier put it, machines for ... exhibiting, watching, living, working and perhaps even dreaming, as he loved to emphasise in relation to his Ville Savoye: "Une machine à faire voir le paysage ". Built around man and his landscape, people's way of being and operating, the latest frontier of the modern, and moving beyond functionalism, capable of understanding every aspect of the individual, even the most emotional and transcendent. An individual in action is, hence, the subject of this competition, which finds itself dealing with the fastest process of social transformation ever and the impossibility of coming up with new formal or executive frontiers. The only true frontier, capable of generating new architecture, involves planning a programme, and not just quantitatively or in terms of the distributional features of building, but in the sense of inventing new ways of living, working, exhibiting and hence thinking within space, the future of gestures and how they are‑produced: the event.

There is nothing new about this. "The architect (artist) should always imagine somebody at the window ledge when envisaging a window ‑ so Gio Ponti wrote in 1957 ‑ a person crossing it for a door, a person coming down them for stairs, a person standing in it for a gateway, two people meeting for a lobby, somebody standing there for a terrace, somebody living in it for a room.... heur the voices between walls; women’s, children’s, men’s. Hear the song coming through the windows, Hear the names being cried out: hear the allusions ... hear the crafts".

Here planning a programme for an archaeological museum meant imagining how things happen and what happens, why one person has something to say, another listens and stirs in diffused light into a small setting or perhaps through a large diorama, the way relics are stored away, perhaps in lots of dark little perfectly sealed boxes or in a large room full of light and colour, where hundreds of objects are mixed together as their forms overlap with thousands of others, and a passer‑by decides what to look at. This is how imagining the event gives meaning to the thousands of choices that go into a work of architecture. Poetic spaces, which are not dictated by canons of style but by the implementation of a programme, not enforced by proper design rules. This means new programmes, modern‑day settings which can no longer take refuge in recognisable typologies, investigating the latest practices of work and life, so as to discover new forms and new spaces.

Matteo Gatto

 

 

Ce projet propose une sorte de “musée diffusé”, constitué d’”iles” qui mettent en relief et valorisent les pieces à l’interieur du lieu-même où elles ont été trouvées. A l’extérieur, on a prévu une “végétalisation” totale de la couverture, la seule émersion qui définit la présence du musée sur le site archéologique. 

This project proposes a sort of « diffused museum » made of « islands » emphasing and enhancing the relics right where they were found. On the outside, the roof is totally “landscaped” and is the only emergence marking the museum’s presence on the archaeological site. 

Par LAGRE STEPHANE - Publié dans : Jeongok prehistory museum competition
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